25 Jun 2021

Generali Arctic Observer : les coulisses d’une aventure climatique unique

Lanne Marie-Christine from Generali France S.A.

 « Ils ne savaient pas que c’étaient impossible, c’est pour cela qu’ils l’ont fait ». Cette citation résume l’incroyable expédition à laquelle Generali s’est associé en 2010 pour sensibiliser l’opinion sur le réchauffement climatique : la traversée de l’océan arctique en ballon.

Il est une heure du matin à Longyearbyen. Ce matin d’avril 2010, nous sommes au Spitzberg, la terre la plus au nord du Globe. Un immense ballon aux couleurs de Generali va s’envoler pour tenter de réussir la toute première traversée de l’océan arctique. Je suis en train de vivre une expérience dont je me souviendrai toute ma vie. De tout cœur à cet instant-là, j’espère que cette expédition marquera aussi l’histoire de Generali.

Un incroyable personnage, le « marcheur du pôle »

Deux ans auparavant, en 2008, le médecin français Jean-Louis Etienne prépare une nouvelle expédition polaire. En 1986, il s’est couvert de gloire en ayant été le 1er homme à atteindre le pôle nord à pied en solitaire, après 63 jours de marche en tirant un traîneau dans des conditions effroyables : – 50 degrés sous la tente la nuit et le jour une marche sans relâche dans le blizzard sur la banquise jalonnée de crevasses et de monticules de glaces. Les expéditions polaires sont devenues progressivement sa marque de fabrique. C’est en France un grand défenseur des causes environnementales. Après avoir vu la destruction dans une tempête du vaisseau de sa précédente expédition, le dirigeable Total Pôle Airship, il rencontre Bertrand Piccard. L’inventeur suisse du Solar Impulse revient alors victorieux d’un tour du monde en ballon. Jean-Louis lui raconte son infortune et la destruction de son dirigeable. « Pourquoi ne pas aller au pôle nord en ballon ? » lui demande Bertrand. Il n’en faut pas plus pour Jean-Louis : il tient l’idée de sa nouvelle expédition !

 

Un dossier qui « donne à penser »

Un obstacle tout de même : Jean-Louis ne sait pas piloter de ballons. Qu’importe, il va apprendre ! Il trouve un moniteur dans un club d’aérostation au nord de Paris et pendant un an chaque semaine il va prendre des cours pour devenir aérostier. Pour quelqu’un de normalement constitué, c’est juste hallucinant. Mais pas pour Jean-Louis Etienne. Auréolé de sa gloire, grâce à sa force de caractère, il sait fédérer les énergies. Il constitue déjà son équipe. Son expédition aura pour objectif de mieux cerner le phénomène du réchauffement climatique au pôle. Et comme pour ses précédentes expéditions, les écoles françaises pourront suivre cette aventure à vocation pédagogique. Reste à trouver le sponsor et le financement. C’est alors qu’il se souvient de Generali en tant que sponsor de marins car, avant d’être le « marcheur du pôle », il a été le médecin de bord du grand navigateur Eric Tabarly. Engagés depuis de début des années 2000 dans une politique de développement durable, tout ce qui touchait à l’environnement était de nature à nous intéresser. Je reçois ce dossier qui me « donne à penser » : quelle belle caisse de résonnance cela pourrait être pour notre marque sur une cause climatique si importante pour l’avenir de notre métier ! Ma patronne d’alors, Marie-Louise Antoni, me dit « Va voir le Président : lui seul peut décider de nous lancer dans ce projet ». Me voilà dans le bureau de Claude Tendil, PDG de Generali France de 2002 à 2012. J’avais noué avec lui une relation de confiance au fil des multiples opérations qu’il avait conduites : installation des équipes à St-Denis, rachat du Continent et de Zurich, fusions des anciennes filiales et création d’une seule entreprise en 2006. « Monsieur le Président, je viens vous présenter un dossier qui peut nous faire faire un coup médiatique». Je lui déroule ma présentation mûrie depuis plusieurs semaines. Il se souvenait bien du docteur Etienne sponsorisé à l’époque de sa victoire sur le pôle Nord par l’UAP, une compagnie qu’il avait eu ensuite à fusionner avec AXA, en 1997. 30 minutes après être rentré dans son bureau, je repars avec son aval : la nouvelle expédition de J-L Etienne s’appellera Generali Arctic Observer.

 

Rencontre avec Zidane

Le travail commence. Semaines après semaines, pendant un an, avec mon équipe pilotée par Benoit Gilles, les réunions se succèdent, avec Jean-Louis et son épouse Elsa qui veille sur sa communication. Nous passons tout en revue pour optimiser la résonnance médiatique de cette expédition. Et pour cela, nous proposons à Zidane d’être parrain de cette expédition. C’est notre ambassadeur depuis 2006 pour nos campagnes de publicité. Quelle évidence de donner à parrainer un grand ballon au roi du ballon ! L’explorateur lui détaille son projet avec un luxe d’anecdotes. A écouter ce formidable conteur, Zidane se voit déjà au pôle nord. C’est gagné ! le courant passe vraiment entre eux.

Nous décidons que le centre névralgique, le PC du vol, sera installé dans nos bâtiments à St Denis pour que nos salariés et nos agents puissent être informés en temps réel.

Nous allons aussi repérer les lieux au Spitzberg pour préparer la venue des meilleurs agents, courtiers, conseillers en gestion de patrimoine et nos grands partenaires bancaires.

 

Une équipe où l’audace est la compétence première

2 mois avant le départ c’est la conférence de presse pour présenter l’équipe du Generali Arctic Observer: Jean-Louis a rassemblé « toute sa troupe » de techniciens, d’aérostiers et son routeur météo. Ils ont en commun le goût de l’exploit et l’audace pour première compétence. Le parcours de l’expédition est présenté : Jean-Louis a prévu de s’envoler de Longyearbyen au Spitzberg pour rejoindre l’Alaska en passant au-dessus du pôle. En tout, 3500 kilomètres à parcourir avec un immense ballon à hélium de 27 mètres de haut. A bord, l’équipement est rudimentaire : une table et des outils de navigation, les instruments de mesure du CO2 et du magnétisme terrestre, un extincteur, un siège. C’est tout. Jean-Louis dormira assis pendant le vol et aura aussi un masque à oxygène s’il monte à de grandes altitudes, la cabine n’étant pas pressurisée. « Un vol paisible, à la vitesse du vent » : c’est ainsi qu’il voit son parcours. Mais son expédition va s’écrire bien autrement et notre capacité de résistance nerveuse sera mise à rude épreuve.

Les filiales de Generali en Autriche et en Espagne décident de nous rejoindre dans l’aventure. Un voyage de presse à Chamonix, dans les Alpes, permet de préparer les journalistes au prochain départ de l’expédition. Ce décor blanc évoque celui du pôle nord. Je vois se gonfler la toile du ballon d’essai, réplique de celui de l’expédition, et avec elle apparait un imm-mm-ense GENERALI. Ce que j’avais imaginé un an plus tôt apparait sous nos yeux. Quelle incroyable surface de visibilité pour notre groupe ! Jean-Louis arrive dans une doudoune rouge Generali, bonnet fourré. Et tout à coup nous revoyons le héros du pôle. A force de le voir le petit homme chauve en chemise et pantalon en velours pendant nos comités de pilotage, nous l’avions presque oublié.

« C’est parti ! »

Et bientôt l’équipe de Jean-Louis s’envole au Spitzberg pour la dernière semaine de préparatifs avant le grand départ. Ils déchargent les containers, fixent le lieu exact du départ et plantent le camp, vérifient que tout le matériel prévu est bien arrivé. On teste tout et on tourne des images pour le film de l’expédition.

Dans la soirée du 4 avril 2010, nous atterrissons à Longyearbyen vers 23H. La nuit polaire est claire à cette période et nous pouvons admirer les falaises blanches.

A peine descendus de l’avion, les choses semblent s’accélérer et le départ est annoncé pour le lendemain matin. Je demande à voir la zone de départ. En effet, le ballon est déplié et commence à être gonflé. La nacelle est là, prête à lui être accrochée. Tout me semble à présent complètement dingue : voici plus d’un an que nous avons vécu pour ce moment précis.

 

Le lendemain nous sommes réveillés à 4H car le départ va être donné ! Nous voilà tous autour du Generali Arctic Observer. Chacun tend la main à Jean-Louis « Vas-y ! » « Tous nos vœux ! » « Bon vent Jean-Louis » « Tu vas y arriver ! »! Il embrasse sa femme. Il salue Zidane qui l’encourage en souriant. Il fait ses déclarations à la presse. Le soleil se lève sur la terre glacée du Spitzberg. Le décor est magnifique. Jean-Louis est rentré dans sa cabine de pilotage. Puis tout à coup on entend crier « C’est parti ! ». L’un de ses équipiers coupe la dernière amarre du ballon. Dans un ciel bleu azur, le grand ballon blanc Generali monte doucement. L’hélicoptère avec l’équipe vidéo décolle. Notre équipe de vidéastes et celles de France télévision captent des images magnifiques qui vont faire le tour des télévisions du monde entier.

 

Un incroyable exploit

L’expédition va être rocambolesque : Jean-Louis passera bien le pôle nord mais les vents le porteront vers la Sibérie où il atterrira 5 jours plus tard à Batagaï, attendu par les agents du FSB qui viennent s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une opération d’espionnage. Il n’a pas dormi pendant 5 jours, alternant de manquer de s’écraser sur la banquise où de monter à 6000 mètres de haut sous oxygène. Œdème cérébral décelé à temps, départ de feu éteint grâce à l’extincteur de bord…il passe près de la mort plusieurs fois. Et quand son équipe technique aidée d’Europ Assistance le récupère et le trouve sur la nacelle du Generali Arctic Observer les bras levés en signe de victoire, quelle énorme émotion pour nous tous ! J-L Etienne a réussi un incroyable exploit qui restera sans doute la seule traversée de l’océan arctique en ballon. Et pour Generali, ce sont des retombées médiatiques qui sont valorisées à 8 fois la mise. Notre audace a été payante. Toute l’équipe qui a œuvré autour de moi a ressenti une immense fierté d’avoir mené Generali à réaliser cet exploit.

 

Regardez les images en vidéo de cette aventure digne de Jules Verne.